04 septembre 2007
L’été « livre » ses thérapies pour la rentrée…
S’il y a bien une chose à laquelle j’ai pu consacré du temps cet été c’est la lecture ! Des lectures pleines d'enseignements en ce jour de rentrée.
1- Porter un regard neuf sur les choses
- L’Elegance du Hérisson, Muriel Barbery, Gallimard
Lisez l’Elégance du Hérisson, destins croisés d’individus qui habitent au 7 rue de Grenelle, de la concierge, à l’adolescente surdouée en crise à l’homme d’affaires japonais. Et si les gens n’étaient pas tout à fait ce qu’ils prétendent être (ou trop ce qu’ils sont ?). Un roman qui se lit bien même si parfois quelques passages ressemblent un peu à un cours de philosophie, personnages extrêmement attachants, le livre est plein d’humour. Une chose est sûre on referme ce livre et on médite (un peu).
- Cahier de Gribouillages pour les adultes qui s’ennuient au bureau, Claire Fay, Panama
Portez un regard neuf sur son travail avec ce petit Cahier de gribouillages pour les adultes qui s’ennuient (ou trop stressés ça marche aussi) au bureau … Procurez-vous ce petit cahier, un cahier drôle, poétique et anti-morosité… Libérez l’artiste qui est en vous à faire seul ou à plusieurs suivant l’humeur du moment. Challenges à relever : Dessiner une peau de vache, apprendre à faire de petites boulettes, colorier ses cafards en noir et en couleur, faire le point… Que du bonheur !!!
2- Revenir à l’essentiel, rien qu’à l’essentiel.
- Uglies, Scott Westerfield, Pocket Jeunesse
Ce roman, le premier d’une trilogie, nous compte un monde après le nôtre (nous les Rouillés qui nous sommes conduits à notre propre destruction). Dans ce nouveau monde, chaque individu lorsqu’il a seize ans rejoindrait le sérail des canons de la beauté. Tout le monde serait beau. Exit les guerres, plus de discriminations, on pourrait ainsi vivre tous en harmonie et n’avoir qu’une seule préoccupation s’amuser. Mais dans le monde de l’extrême beauté, les gens normaux ont-ils encore leur place ? Une réflexion intéressante sur le culte de la beauté et de la minceur, l’amitié, l’amour, la nature… Il y a ici l’essentiel, j’attends avec impatience les deux prochains tomes !
- Cosmofobia, Lucia Extebarria, Editions Heloïse d’Ormesso,
Dans le quartier de Lavapies, Madrid, les histoires se font et se défont au rythme de la vie qui passe. Anton sort avec Myriam le soir (La Maman) et de temps en temps avec Sonia (La Teigneuse) même s’il aime secrètement Claudia. Claudia qui travaille au centre avec Anton, elle sort depuis longtemps avec Isaac. Isaac travaille au centre comme thérapeute, à ce tire il rencontre des femmes battues, maltraitées dont Amina, cette fille aux yeux si particuliers. Destins croisés de femmes au sein d’un même quartier avec un seul mot d’ordre l’amour.
Fan de Lucia, j’ai été un peu déçue, car le livre traîne parfois un peu en longueur.
Comme Vincent Perez, la BD son côté obscur allez savoir ! Un essai très réussi en tout cas, il a écrit le scénario, Tiburce Oger confectionné les dessins. Laissez-vous ensorceler par l’histoire de Titiana, promise au roi de Bretagne. « Ce fut un temps d’avant le vôtre… A la frontière de notre monde et des horizons inconnus… Là où le savoir de l’homme s’arrête … Là où celui des rêveurs commence. Un temps que seul les magiciens peuvent comprendre »
4- S’inventer un nouvel horizon
- Les Cils du Loup et autres contes de la Nuit, Nathalie Leone, Panama
Juste parce que les contes créent des espaces imaginaires que l’on a du mal à refermer, lisez ce livre vous trouverez sûrement une histoire que vous aimerez partager des côtes bretonnes à l’Himalaya en passant par l’Afrique… La route vers le Paradis des histoires est encore longue !
Le plus beau reste à venir !!! C’est la rentrée !
19 juin 2007
Victor de Michèle Fitoussi
« Vieux Monsieur, sans attache ni famille, expulsé de son domicile par son propriétaire, cherche foyer aimant et chaleureux pour vivre heureux. Ecrire au journal Global qui transmettra. »
Les Saillard, Guillaume, opticien, Sylvie, diététicienne, deux enfants, Félix et Marguerite, « la famille Bidochon » comme l’appelle la rédaction de Global se laisse prendre au jeu. Trop confortable dans leur petite vie embourgeoisée, il est le père, le papy ou le petit dernier qu’ils n’ont jamais eu. Et leur Victor ils vont le gâter, tellement qu’il va rompre l’équilibre familial. Sylvie trompe Guillaume, Guillaume se laisse abuser par Victor et lui passe tout ses caprices, les enfants sont intenables, avec Papy Victor c’est le bazar.
« Victor décidait des programmes télévision ; Victor passait des heures sur son portable, au point de faire éclater son forfait ; Victor sortait tous les jours pour sa petite promenade dans le quartier, où, tel un homme politique en tournée, il renforçait ses amitiés ; Victor racontait des ineptes aux enfants, qui étaient de plus en plus intenables. »
Sylvie et Guillaume s’en rendent compte trop tard, mais Victor, un petit filou, a plus d’un tour dans son sac… Son foyer chaleureux il l’a et il ne le lâchera sous aucun prétexte…
Le roman est parfois un peu long, au bord de la caricature, un peu cynique aussi, mais il se lit très bien, on rit parfois jaune, mais toujours de bon coeur.
Victor, Michèle Fitoussi, Editions Grasset, 18,90€
18 mai 2007
L’attentat de Yasmina Khadra
Tel Aviv, un attentat suicide dans un restaurant où un petit garçon fêtait son anniversaire avec ses camardes de classe, des blessés, des morts aussi …. C’est dur mais malheureusement ces événements font parti de votre quotidien.
Vous, Amine, chirurgien, vous vous attachez avant tout à la vie, votre vocation, la plus belle d’entre toutes : guérir encore et toujours. Brillant docteur d’origine arabe vous avez choisi la nationalité israélienne, marié, éperdument amoureux de Sihem, à laquelle vous êtes marié, tout vous réussit. Et si, lors de cet accident, vous appreniez que votre femme fait partie des blessés, et si, vous appreniez que votre femme, n’est autre que la kamikaze qui a fait exploser le restaurant. Bien sûr, vous n’y croiriez pas, vous ne pourriez pas y croire…. Votre femme, si belle, si rayonnante, qui n’avait aucun secret pour vous, accepter cette vérité serait accepter l’inacceptable, l’insoutenable. Et pourtant, l’amour propre en charpie, Amine est bien obligé d’y croire. Soupçonné de complicité, dénigré par tout ses « pseudo amis » et collègues, il se prend la vérité en pleine face. Alors, il veut savoir, il veut comprendre ce qu’il n’a pas su voir, ce qu’il n’a pas su écouter. Qu’est ce que ça change maintenant ? Peut-on encore perdre quand on a déjà tout perdu ? Commence alors sa quête, il partage avec nous son incompréhension face à une réalité, face à une philosophie qu’il n’arrive décidément pas à comprendre, à admettre, la confrontation de deux mondes antinomiques. Un tableau actuel touchant et réellement saisissant de violence, de rage et de désespoir…
Extrait :
« Amine : Et c’est ma vie qu’elle vient de foutre en l’air. Pas seulement la sienne. Ma vie et celle de 17 personnes qu’elle ne connaissait ni d’Eve, ni d’Adam. Et tu me demandes pourquoi je veux savoir ??? Eh, bien, je veux tout savoir, toute la vérité.
B – Laquelle ? La tienne ou la sienne, celle d’une femme qui a réalisé son devoir ou celle d’un homme qui croit qu’il suffit de tourner le dos à un drame pour s’en laver les mains ? Quelle vérité veux-tu connaître ? Celle de l’Arabe qui pense qu’avec un passeport israélien il est sorti de l’auberge ?... Non, mais sur quelle planète vis-tu, monsieur ? Nous sommes dans un monde qui s’entredéchire tous les jours que Dieu fait. Notre partie est violée à tort et à travers, nos enfants ne se souviennent plus de ce que l’école veut dire… nos villes croulent sous les engins chenillés. Et toi, tout simplement parce que tu es bien au chaud dans ta cage dorée, tu refuses de voir notre enfer… Ta femme est morte pour TA rédemption.
Amine : - …Tu oses me parler d’égoïsme, à moi dont on a ravi l’être que je chéris le plus au monde ? Détrompe-toi nous vivons bien sur la même planète…sauf que nous ne logeons pas à la même enseigne. Tu as choisi de tuer, j’ai choisi de sauver… Je suis venu au monde nu, je le quitterais nu, ce que je possède ne m’appartiens pas, pas plus que la vie des autres. Tout le malheur des autres vient de ce malentendu, tout ce que Dieu prête tu dois savoir le rendre. Aucune chose sur terre ne t’appartient vraiment. Ni la patrie dont tu parles ni la tombe qui te fera poussière, parmi la poussière »

